Anatol

Manlio Sgalambro
— © Adelphi Edizioni / © Éditions Circé, settembre 1991 (edizione francese)

🇮🇹 Italiano

Anatol, la voix qui parle dans ce livre est un philosophe qui se raconte. Mais nulle intrigue, nul rebondissement… C’est un être pacifique qui tue le temps à interroger les secrets des choses qui passent par ses mains. Mais il est parfois secoué par le sarcasme le plus violent. Il devient alors l’être le mois conciliant qui se puisse imaginer. Quelle fonctions s’attribue-t-il? Réécrire inlassablement Le Monde comme volonté et représentation de Schopenhauer. Comme un roman populaire et avec ce seule corollaire: notre monde est désormais représentation de représentation…
Un livre schopenhauérien dans le ton et le propos.

Le philosophe n’encourage pas à la vérité, dit-il. Anatol dédaigne ces esprits qui se laissent emporter jusqu’au poème en gémissant de plaisir, mais ne savent pas articuler Appearance and Reality. Ils en ignorent les troubles. Mais il semble à Anatol que cette ignorance obéit à un dessein ourdi exprès pour les perdre. Dans ses rencontres, il prend des voies de traverse, éloignées de la vérité. Il sait, lui, que, de là à la vérité, il n’y a qu’un pas, mais il oblige les autres à des parcours exténuants, à mille tours sur eux-mêmes, pour qu’ils tombent le long de la route – et que, à la fin, celui qui arrive se retrouve au point de départ et recommence depuis le début. Il lui semble que la facilité même de la vérité requiert des démarches difficiles, des méthodes de contrôle convulsives, des preuves laborieuses, des vies sacrifiées…
J’ai soif de savoir et j’éprouve l’aride souci de m’avancer toujours plus loin… Je n’aime pas tant les esprits libres que les esprits entravés, dit Anatol. L’homme «libre» l’ennuie. De son journal de connaisseur, il extrait de vieilles impressions. La main de Johannes qui effleure à peine le petit pied de Cordélia ferait triompher de la possession du corps celle de l’âme, qui succéda, avec les finesses chrétiennes, à l’esclavage…

traduzione in francese di Carole Walter, Dominique Bouveret

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